Trois têtes au-dessus du rideau. C'est tout. C'est suffisant.
Le rideau blanc avec ses petits nœuds sages cache tout - les corps, les différences, les années, les secrets. Il égalise. Derrière ce rideau, on ne sait pas qui est riche, qui est pauvre, qui est jeune, qui a souffert. Il n'y a que des têtes et ce qu'elles ont à se dire.
Et elles ont beaucoup à se dire.
Celle de gauche - profil acéré, nez en proue de navire, œil vif et soupçonneux. Elle écoute plus qu'elle ne parle. Elle catalogue, elle pèse, elle juge - doucement, mais elle juge.
Celle du milieu - la fleur dans les cheveux, la tête légèrement tournée vers les deux autres. C'est elle qui parle. C'est toujours elle qui parle. Elle vient de dire quelque chose d'extraordinaire - ou qu'elle croit tel - et elle attend l'effet.
Celle de droite - les lèvres entrouvertes, l'œil qui brille, déjà prête à répondre. Elle a son opinion. Elle l'aura toujours.
Le fond est noir et profond comme un secret de vestiaire.
J'ai peint la conversation universelle des femmes entre elles - celle qui existe depuis que les femmes se retrouvent dans des espaces qui leur appartiennent.
top of page
€1,900.00Price
bottom of page

