Je l'ai peinte comme une apparition - pas tout à fait heureuse, pas tout à fait triste. Le printemps n'est jamais simple.
Son grand chapeau à pois dorés l'abrite de quelque chose - du soleil trop brusque, du monde trop bruyant. Les rubans pendent de chaque côté comme des fils de pluie fine. Sur le chapeau - une tulipe blanche, encore fermée. Pas encore prête.
Son visage est celui de quelqu'un qui a attendu longtemps. Les yeux mi-clos, les lèvres légèrement pincées - elle regarde vers le bas avec cette expression des gens qui savent que le printemps arrive toujours, mais qui ne sont plus certains que c'est une bonne nouvelle.
Sa veste porte les roses comme une tapisserie vivante - des boutons de roses mauves cousus dans le tissu même, avec leurs tiges qui s'enroulent et leurs feuilles vertes griffues. Des nœuds violets les retiennent, sages et précis.
Et dans ses mains - le voile rose. Elle le tient écarté, comme un rideau qu'on ouvre sur une scène. Les roses tombent le long du tissu, descendent, s'échappent vers le bas - une à une, doucement, inexorablement.
Elle présente le printemps comme on présente quelque chose qu'on a soigneusement préparé et dont on n'est plus tout à fait sûr que les autres méritent.
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