Il marche vite. Il n'a pas le temps de s'arrêter.
Au-dessus de lui vole une église arménienne - rouge, petite, reconnaissable entre toutes avec sa forme caractéristique, sa coupole, ses murs de tuf cramoisi. Elle flotte retenue par une guirlande de roses roses, légère comme un cerf-volant, précieuse comme ce qu'on ne peut pas laisser derrière soi.
Il tient ce fil du bout des doigts.
Ce n'est plus simplement une maison qui voyage. C'est une mémoire. Une origine. Un monde entier suspendu au-dessus de la tête de celui qui est parti - ou qui a été contraint de partir. L'église arménienne flottante, c'est tout ce qu'on emporte quand on n'emporte rien - la pierre, la prière, l'appartenance.
Sa petite couronne rouge. Son costume à damiers. Le petit chien blanc qui court à ses côtés sans poser de questions. Les roses éparpillées sur le sol sombre comme des traces du chemin parcouru.
J'ai peint l'exil non pas comme une perte mais comme un fil qu'on tient encore.
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