L’art aigu d’Evgenia Saré
Par Christian Noorbergen
Critique d’art, commissaire d’exposition , 2018
Chaque tronche créée, ou si l’on veut être plus respectueux, chaque visage, chaque tronche, donc, drolatique et rondelette, osée et surgissante, se détache admirablement dans les surfaces un rien lunaires des étendues dénudées d’Evgenia Saré. Ses paysages sont d’étranges décors évidés pour humains fiévreux. Elle efface en elle les appuis de la réalité, et ses personnages aigus et surprésents paraissent à jamais animer un conte de fées scabreux pour adultes faussement naïfs, et touchants de toucher si fort en nous les affres du quotidien. Eternelle inguérissable enfance… Lire la suite

'' Sous le nom de Saré, elle convoque des personnages étranges qui rappellent le Moyen Age ou les inventions des grands peintres flamands, amoureux des Grotesques. Carnaval de créatures que l’on pourrait également imaginer sorties des pages d’un Gombrowicz. ''
Le Figaro, 25 mai 2005
Evgenia Saré, maîtresse du jeu
par Florence Fert et Valère Trocquenet
Commençons par le plus incroyable : avec de simples pinceaux et une palette de peinture, Evgenia Saré a inventé une nouvelle espèce vivante et un nouvel ordre du monde. Rien que ça ! Et, cerise sur le gâteau, avec un charme discret et une modestie confondante. Les êtres qu’elle a façonnés sont hors du temps, imperméables à la cruauté et à la noirceur, aux effets de mode. L’air de rien, le visage doux et souvent impassible, ces êtres font voler en éclats les murs que nos sociétés érigent entre les sexes, les espèces, les époques. Ces êtres font société, sans se soumettre à des rapports de force, ni à une hiérarchie. Ils sont essentiellement contemplatifs et oisifs. Lire la suite

En attendant le printemps
La galerie Mouvances consacre durant tout le mois de mars une exposition à l’artiste Evgénia Sarkisian, plus connue sous le nom de Saré.
Née en 1959 à Yerevan, capitale de l’Arménie, Evgénia Sarkisian est issue d’une formation de scénographe et de costumière dédiée au théâtre et au cinéma, suivie à l’Académie des Beaux-arts de sa ville natale dont elle sort diplômée en 1982. Lire la suite
LE MASQUE ET L'AME DANS L'OEUVRE DE SARE
Par Ellen GaïfedjianCritique d'art.Traduit du russe par Michèle Kahn
" Le génie se nourrit de ce qu'il trouve ". Ce dicton s'applique particulièrement bien à la pensée artistique de Saré (pseudonyme de Evgénia Sarkisian) riche d'une multitude de réminiscences de la culture européenne de diverses époques et de divers pays. On y retrouve le couple réel-fantastique présent dans l'œuvre de l'écrivain romantique allemand E.T.A. Hoffmann chez lequel, selon le poète et philosophe russe Vladimir Soloviev, les personnages fantastiques, en dépit de toute leur étrangeté, ne se présentent pas comme des apparitions venues d'un autre monde mais comme des incarnations différentes de la réalité. " Lire la suite
Une inspiration débridée
Par Françoise de Céligny Univers des Arts N 136, Novembre 2008
La mine à la fois désabusée et cocasse des personnages de Saré nous laisse parfois rêveurs, parfois inquiets. Il règne en effet dans ses œuvres une ambiance étrange entre songe et réalité qui peut dérouter et séduire dans le même temps. Lire la suite
Par Nicole Lamothe. Univers des Arts N°90
Un monde fantastique peuplé de personnages tout à la fois proches de la caricature et présentés dans leur vérité dérisoire. Critique, féroce souvent, qui se rattache par l'esprit à bien des artistes des siècles passés. Privilège du créateur que de pouvoir ainsi exprimer par le trait, l'image humoristique, plaisante ou terrible, des ses semblables. Lire la suite
Enchantement entre peinture et vision de rêve
Par Stefania Maggiulli Alfieri, sociologue et critique d'art, Italie, 2018
Evgenia Saré attire immédiatement l'attention grâce au sens ludique qui se dégage de ses œuvres, un jeu entre conte de fées et illusion, réalité et visions de celle-ci. Evgenia joue sur la figure humaine en la déformant, en accentuant ses traits de manière ironique et parfois irrévérencieuse, elle joue sur les rôles et les aspects émotionnels et caractériels des sujets, rien n'est cependant simplifié, inévitables sont les références à la peinture flamande du 13ème siècle, aux sujets gothiques, aux décorations de cathédrales. Lire la suite
