Cette galerie invite à faire connaissance avec l’univers d’Evgenia Saré à travers des œuvres déjà exposées, remarquées par la presse et acquises par des collectionneurs.
Saré présente ici une sélection de peintures contemporaines à l’huile où la figuration grotesque devient un langage intime. Personnages masqués, silhouettes déformées et attitudes théâtrales composent un théâtre humain fragile, tendre et ludique, entre comédie et mélancolie.
La presse évoque un « conte de fées entre réalité et vision onirique », nourri de réminiscences médiévales et flamandes, de carnavals, de jeux d’enfants et de musique. Par la densité de la matière à l'exigence technique extrême, la lumière et la couleur, chaque toile affirme une présence et une singularité forte, capable de trouver sa place aussi bien dans une collection privée raffinée que dans un accrochage de galerie de la plus haute qualité professionnelle ou de musée exigeant.
Primée au Musée d’art fantastique de Bruxelles (« Trolls et bestioles », Prix francophones Bruxelles, 2020), à la Triennale mondiale de l’estampe de Chamalières (Grand Prix 2017), Saré est également membre de la Fondation Taylor depuis 2004. Ses œuvres figurent dans de nombreuses collections privées en Europe, en Amérique du Nord et en Asie, ainsi que dans des musées et institutions d'art, aux côtés de notables représentants de la scène contemporaine internationale artistique.
L'œuvre de Saré s'inscrit dans une tradition picturale qui puise simultanément à plusieurs sources - la peinture flamande dans sa densité décorative et son goût du détail narratif, le symbolisme européen dans sa capacité à charger l'objet quotidien de sens second, et une veine expressionniste dans le traitement du visage humain, allongé, déformé avec bienveillance, rendu plus vrai par l'écart à la norme.
Le format vertical, récurrent, n'est pas anodin. Il isole le sujet, le monumentalise, lui confère une présence d'icône - tout en maintenant une intimité de cabinet. Le fond floral, omniprésent comme un leitmotiv formel, fonctionne à la manière d'un papier peint de l'inconscient : il tapisse l'espace psychologique autant que pictural.
La palette - roses, mauves, rouges profonds, bleus nocturnes - construit une lumière intérieure, jamais solaire, toujours méditative. La lumière ici n'éclaire pas les personnages - elle les habite.
Ce qui distingue fondamentalement cette œuvre, c'est le traitement de la relation. Jamais un portrait isolé ne l'est vraiment - il y a toujours l'autre : la créature tenue en laisse, l'animal serré contre la poitrine, la marionnette au bout du fil, le papillon sur le doigt tendu. Les animaux sont des doubles. Les œufs sont des promesses. Les fils sont des liens qu'on appelle tantôt amour, tantôt destin.
L'artiste peint moins des êtres que des liens - visibles ou invisibles, tendres ou ambigus. Une œuvre qui, sous ses dehors de fable poétique, constitue une méditation rigoureuse et cohérente sur la condition humaine.



