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J'ai passé le gant pour regarder.

C'est cela qui m'a frappé en peignant ce personnage - cette idée que parfois on s'équipe pour voir. On met ses gants blancs, on saisit son instrument avec précision, on tend le bras, on plisse l'œil.

Comme si la vérité était une chose fragile qu'on ne pouvait pas toucher à mains nues.

Le gant blanc tient la tige longue et fine au bout de laquelle pend le face-à-main - ce petit lorgnon délicat, presque insuffisant, presque comique face à l'ambition de voir clairement. Il y a quelque chose de cérémonieux dans ce geste. On ne regarde pas comme ça par hasard. On s'y prépare.

Et pourtant l'œil - ce seul œil bleu grand ouvert - regarde sans instrument, directement, franchement. C'est lui qui voit vraiment. Le lorgnon tenu par le gant n'est peut-être qu'un alibi, une façon de dire je regarde sérieusement pendant que l'œil nu fait le vrai travail.

J'ai peint le paradoxe de celui qui s'équipe pour voir et qui finit par voir malgré son équipement.

Le gant blanc ne touche rien. L'œil bleu - lui - touche tout.

3926 "Contrôle de vue" Huile sur toile, 46x28 cm

2 000,00 €Prix

Saré © 2026

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